La persistance du froid touche les récoltes des agriculteurs. Mais Bruno Caron, président du Modef 04, assure qu’il n’y a pour l’heure pas eu de hausse du prix producteur. Sur les étals des grandes surfaces, les prix des fruits et légumes ont pourtant bel et bien augmenté. Par Serge Payrau pour La Marseillaise.

Installé depuis une dizaine d’années à Roumoules sur le plateau de Valensole, Bruno Caron, président du Mouvement de défense des exploitants familiaux des Alpes-de-Haute-Provence (Modef 04), n’avait jamais connu ça. « Depuis vendredi, on a des minima de -15°C en nocturne. Habituellement, on a des hivers froids avec des températures de -8 à -10°C. Je me souviens qu’on a eu -18°C sur une nuit, mais ensuite ça s’était radouci. C’est la première fois qu’on a de telles températures sur une période aussi longue », observe-t-il.
Une persistance du froid n’est pas sans conséquence sur les récoltes. Bruno Caron, qui cultive des plantes aromatiques (safran) et des petits fruits pour une transformation en sirop ou huile essentielle, est pour l’heure relativement épargné. « Mes cultures sont en extérieur et je n’interviens plus dans les champs. Mais le safran est habitué aux températures hivernales donc j’ai juste une réduction d’activité. »
Mais d’autres ont moins de chance. A commencer par les zones maraîchères en petites unités
« plus sensibles au coup de froid ». « Depuis vendredi, des producteurs brûlent leurs dernières productions de légumes d’hiver car, même sous les protections de films géotextiles, elles étaient perdues. »
Les producteurs d’ovins sont également touchés. « Certains n’ont pas d’abri, pas de bergerie. Or, cette vague de froid coïncide avec la période des mises bas. Quand la naissance se passe pendant la nuit, l’agriculteur n’étant pas présent, l’agneau est difficilement récupérable le matin si la mère s’en occupe mal. » Quelques agneaux ont ainsi péri.
Dans les serres, « le problème c’est le chauffage. (…) Il faut que les chauffages tournent d’une serre à l’autre et qu’il n’y ait pas de problème de chaudière. S’il y en a un, en une demi-heure, on repasse au-dessous de 0°C et on perd tout ». Et le président du Modef 04 de citer le cas d’un de ses collègues qui cultive des fleurs coupées. « Il dispose de quatre chaudières, mais si elles fonctionnent toutes en même temps, le groupe électrogène ne tient pas. Alors il a sacrifié une serre, qui était en fin de production, pour avoir une rotation plus rapide des chauffages entre les serres, et il fait nuit blanche » pour parer au moindre problème.
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suite à votre intervention sur france 2
je vous souhaite bonne continuation et courage