Fermeture de MegaUpload : un missile nucléaire dans le cyberespace

Posté le 25 janvier 2012 par Place au Peuple dans LE MEILLEUR DU WEB, S'INFORMER



Fermeture de MegaUpload : un missile nucléaire dans le cyberespace

À toutes celles et tous ceux qui croyaient encore à une gestion démocratique mondiale d’Internet, le message est clair : sans décision de justice ni procès, les États-Unis font ce qu’ils veulent sur Internet et ce qu’ils veulent d’Internet. La fermeture de MegaUpload, c’est un missile nucléaire dans le cyberespace : « Nous avons les moyens d’anéantir à distance ce qu’il nous plaira de faire disparaître » Par : Sophie Duvauchelle (co-responsable de la commission Numérique du PG), Jérôme Relinger (membre de la direction nationale du PCF), co-animateurs du Front de Gauche du Numérique et Jean-Jacques Barey, coordinateur du Front de Gauche de la Culture.

Cette affaire démontre l’urgence et le besoin d’une gestion démocratique et multilatérale d’Internet. Quelques entreprises et organisations de droit privé états-uniennes ne peuvent continuer à prétendre définir l’avenir et le quotidien de ce qui est devenu une ressource mondiale majeure, et un bien commun de l’humanité tout entière.

La fermeture brutale de ces sites d’hébergement de fichiers n’a rien à voir avec la défense des auteur-e-s. Elle préfigure en revanche le monde liberticide que nous préparent ACTA, PIPA, SOPA et autres Hadopi nouvelle génération. Proposant explicitement le recours à des polices privées, ces attaques visent à enchaîner la disponibilité des œuvres artistiques elles-mêmes à la rentabilité. Ces lois ne favoriseraient ni les artistes, auteurs et interprètes, ni la neutralité du net, ni la liberté d’expression et de création.

La guerre contre les plate-formes centralisées sauvages au profit des plate-formes centralisées monopolistiques ne concerne en rien l’intérêt général. Le Front de Gauche dénonce ce système mercantile qui permet de revendre à l’infini ce qui ne coûte plus rien, qu’il profite aux majors de l’industrie du divertissement en général ou à une activité illégale et lucrative comme celle de MegaUpload en particulier, d’autant que dans les deux cas auteurs et interprètes sont privés en définitive de tout droit moral ou patrimonial.

Dans la guerre planétaire en cours contre les petits truands de l’échange, entre contenants et contenus, les victimes collatérales restent les artistes et le public.

La devise du Front de Gauche – « L’humain d’abord » – doit également trouver sens dans le monde du numérique, afin que s’instaure une société du partage entre tous des savoirs, des pratiques et des œuvres. Ceci n’est possible qu’avec des mécanismes de financement novateurs et justes pour les créateurs, permettant l’émergence d’une diversité culturelle aujourd’hui nivelée, et l’élaboration de nouveaux modèles favorisant à la fois la création et le partage.

Le Front de Gauche et les formations qui le composent ont toujours combattu les logiques répressives à l’œuvre. Il se prononce pour l’abolition définitive de la loi HADOPI et de ses avatars, pour la mise en place de plate-formes publiques de téléchargement ouvertes à tous, dans le respect des droits moraux et à rémunération des travailleurs artistiques, et financées notamment par un prélèvement sur les hyper-profits des fournisseurs d’accès et des multinationales qui détiennent aujourd’hui l’hégémonie sur les réseaux.