Le Front de gauche répond à l’Assemblée des directeurs d’IUT

Posté le 14 février 2012 par Place au Peuple dans LES PRISES DE POSITION



Le Front de gauche répond à l’Assemblée des directeurs d’IUT

Sollicité par l’Assemblée des directeurs d’IUT, le Front de gauche lui répond par la voix de François Cocq, animateur du Front de gauche pour l’éducation.


Monsieur le Président,

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez pour la campagne que mène le Front de Gauche.
Vous interpelez Jean-Luc Mélenchon sur l’avenir des IUT. Il m’a confié la tâche de vous exprimer les positions du Front de Gauche de l’éducation.

Il faut bien noter que cinq ans de politique gouvernementale ont considérablement fragilisé et déstabilisé les IUT.

A l’instar des IUFM et IUP, c’est aux IUT de voir leur sort s’assombrir avec les réformes du gouvernement qui remettent en cause le cadrage national des DUT et le fléchage de leurs moyens financiers et humains.

Le Front de Gauche affirme que les IUT sont un élément majeur de la formation professionnelle et technologique universitaire en complément des formations de licence et de master. Ils constituent une voie de réussite pour les bacheliers technologiques et professionnels vers l’enseignement supérieur dont une grande partie est issue des milieux populaires. Les jeunes étudiants ont des parcours antérieurs divers, et ont besoin de formations universitaires diversifiées, notamment professionnelles. Une large part de la richesse de la formation des IUT réside dans des équilibres – articulations universitaire-secondaire, académique-professionnel, théorie-pratique, etc. – reconnus par les tissus économiques locaux. Les liens humains et professionnels, tissés depuis des années, entre les Universités et les 116 IUT, ont permis les coopérations universitaires indispensables à la conception et à la mise en œuvre de formations permettant des poursuites d’étude au plus haut niveau des titulaires du DUT. De plus, le rôle des STS par rapport aux IUT ainsi que leur liens respectifs doivent être clarifiés pour éviter la concurrence entre établissements afin d’attirer les prétendus « meilleurs » étudiants.

Le Front de Gauche dénonce la loi LRU et demande son abrogation. Le Front de Gauche dénonce l’insuffisance des moyens alloués par l’État, notamment en personnels, qui sont les raisons principales des difficultés importantes rencontrées par les IUT ces dernières années. L’absence de tout fléchage des moyens rend opaque et arbitraire les « dialogues de gestions » internes aux universités pour l’attribution des budgets aux IUT par la direction de l’université. De nombreux IUT voient leurs missions menacées faute de moyens.

Le Front de Gauche affirme que seul un dispositif législatif ou réglementaire de dimension nationale, pourra garantir le cadrage national des diplômes de DUT et une répartition régulée des différentes spécialités sur le territoire. Le Front de Gauche refuse la logique de concurrence entre établissements et la sortie des IUT des universités.

Les propositions du Front de Gauche s’articulent autour des principes suivants :
Le maintien de la définition nationale des programmes pédagogiques nationaux (PPN), des modalités pédagogiques et des instances nationales (CCN, CPN, etc.) garantissant un diplôme national. Un rattrapage de la dépense par étudiant à l’université (y compris en IUT) par rapport aux CPGE doit permettre un traitement égal entre étudiants.

L’avenir des IUT est dans les universités : les rôles et les missions des IUT doivent être confortés et développés dans les universités. Cela n’est possible que par le fléchage national des moyens financiers et des postes statutaires garanti par un texte réglementaire ou législatif.

La garantie de l’affectation aux IUT de leurs ressources (DGF, droits d’inscriptions, taxe d’apprentissage, formation continue, etc.) et la maîtrise de leurs dépenses (fonctionnement, investissement, emplois, etc.).

Les missions des IUT doivent être maintenues et développées pour tenir compte des défis technologiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs auxquels notre société est confrontée. Seule une formation technologique de qualité irriguée par la recherche et en lien avec le monde industriel permettra de former les futurs cadres intermédiaires nécessaires à la ré-industrialisation du pays et au développement d’un tissu économique respectueux de l’humain et de l’environnement.

Les IUT sont une voie permettant la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. Pour cela il faut augmenter le nombre de places en IUT pour améliorer l’accès des bacheliers technologiques et professionnels (sans diminuer le nombre de places pour les bacheliers généraux). Ainsi de véritables innovations pédagogiques pour tous, en prenant en compte la diversité des publics et de leurs parcours et les conditions d’études antérieures doivent être mises en place. Dans ce cadre, la voie de réussite que constitue le DUT doit s’enrichir d’une licence technologique cadrée nationalement, en partenariat avec les UFR, aux moyens et diplômes sécurisés par des instances nationales type CCN-CPN et par l’utilisation de fléchages nationaux adéquats. Cette licence technologique ne sera viable que si elle s’inscrit dans une démarche de recherche de complémentarité avec l’ensemble des formations du cycle licence.
Les membres du Front de gauche de l’éducation sont à votre disposition pour vous rencontrer.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes salutations les plus sincères.

Pour le Front de Gauche de l’éducation,

François Cocq

Un commentaire »

  1. Tabou 25 février 2012 à 23 h 46 min - Répondre

    Cette réponse aurait gagné à être mieux écrite.