Dimanche 29 janvier 2012, un grand nombre de chaines de télévisions ont retransmis les déclarations de Nicolas Sarkozy. Celui-ci a usé de recours pour faire payer aux plus démunis les cadeaux pour le grand patronat. Tous les salariés ont été visés ! Les précaires, les employés en CDI avec la négociation du temps de travail et du salaire par entreprise (un recul historique de nos acquis sociaux), mais également les plus jeunes d’entre nous et parmi eux : les apprentis. La voix de monsieur Sarkozy ne jurant que par l’Allemagne libérale a tenté de nous conter un paradis mensonger. Par Fabien Allait, militant de la Gauche unitaire en Lorraine.
C’est dans la continuité de son prédécesseur de droite, sous le gouvernement de Dominique de Villepin qui avait fait baisser l’âge de l’apprentissage à 14 ans, mettant encore plus tôt hors-scolarité un grand nombre de jeunes, qu’il a annoncé que toutes les entreprises de plus de 250 salariés devraient avoir au moins 5% d’apprentis. Nicolas Sarkozy a décidé de mettre en place de nouvelles mesures pour les apprentis et surenchérit en se basant sur « le modèle allemand » qui prône l’apprentissage comme méthode d’éducation à généraliser. Qu’en est-il des conséquences de ce modèle ? L’Allemagne compte trois fois plus de jeunes en apprentissage qu’en France avec 1,2 millions apprentis. Cependant, à la fin de leur contrat, plus de 40% de ces apprentis ne sont pas embauchés par leur entreprise et se retrouvent sans emploi. Pour ceux qui ont échoué à leur examen, c’est une sortie du système scolaire sans aucune qualification. Autant dire que pour ces derniers, il peut se passer plusieurs années avant de trouver un emploi, parfois précaire.
Les apprentis, des travailleurs bon marché
En France, les 400 000 contrats d’apprentissage n’ont pas un relief plus attrayant. Les grandes entreprises n’hésitent pas à voir en eux des « travailleurs bon marché ». Pour certains postes, aucun salarié ne les occupe: chaque année un apprenti succède à un autre pour réaliser la tâche entière et sans aucune aide pour une rémunération ne dépassant les 78% du SMIC. C’est donc ce système que la droite a décidé de favoriser au détriment de l’école, où les postes d’enseignants manquent cruellement.
On nous vante une jeunesse qui veut de plus en plus partir en apprentissage : pourquoi ? Les jeunes ne partent pas en apprentissage avec le désir et l’illusion d’en apprendre d’avantage. Ils savent que ce système va être contraignant dans la quête de leurs qualifications. Ils le font pour subvenir aux besoins de leurs familles qui ne parviennent pas à boucler les fins de mois, qui ne peuvent subvenir décemment aux besoins de l’adolescent, du jeune adulte.
L’apprentissage est loué à l’école dés l’entrée au collège ou, pour certains jeunes, c’est la finalité obligatoire ! Pour eux, plus d’école après la 3ème. Les députés communistes à l’Assemblée Nationale ont proposé une loi sur les droits de la jeunesse dans lesquels ils stipulent que ce sont les entreprises qui n’embauchent pas leurs apprentis qui doivent être sanctionnées par la suppression des exonérations patronales prévues à cet effet. Le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentiel, Jean-Luc Mélenchon, l’a rappelé dimanche en conférence de presse : « L’usine n’est pas une école », à bon entendeur.









